Entretien. Nicolas Dupont-Aignan, député maire d’Yerres : « Je gère les finances communales comme dans une entreprise »
Quand vous avez été élu maire de Yerres, en 1995, quelle était la situation ?
La ville était au bord de la faillite. Elle était sur le point d’être gérée par le préfet. La municipalité précédente avait reporté les décisions difficiles après les élections. Yerres a eu un maire socialiste de 1977 à 1983. Les dépenses de fonctionnement s’envolent, il recrute à tout va. En 1983 arrive un maire RPR qui veut construire un Aquaboulevard local, Le Triton. D’où un emprunt gigantesque. Il sera battu en 1989 par son prédécesseur, qui laisse à nouveau filer les dépenses de fonctionnement. Je suis élu en 1995 maire d’une ville aux finances exsangues
Qu’avez-vous fait ?Pas ce qu’on m’avait recommandé de faire, à savoir faire gérer la ville par le préfet. Nous avons réalisé un audit par un organisme extérieur. Puis j’ai fait un plan en trois phases très simples. Tout d’abord une hausse de la fiscalité : nous y étions obligés, il nous fallait faire face à des factures impayées… Le maire précédent s’était arrangé avec le Crédit local de France pour reporter les remboursements d’emprunt. Ensuite, un plan drastique d’économies budgétaires, en consultant les habitants. Nous avons revu tous les contrats.
Nous sommes la première ville à avoir gagné contre une société de restauration scolaire : le contrat avec la SOGERES, que nous avons fait annuler, nous coûtait presque autant que le fameux Triton ! Économie : 700 000 euros par an. Troisième phase, nous avons relancé l’investissement.Malgré la situation ?
Oui, les dépenses de fonctionnement ont été comprimées ce qui nous a permis de dégager une marge de manœuvre budgétaire et de relancer l’investissement. Ces investissements visaient à enclencher un cercle vertueux, devant entraîner une réduction des dépenses de fonctionnement, tout en améliorant la qualité de vie des habitants : informatisation des services, réfection des routes, des écoles, etc.
Et les économies ?
Nous avons pu supprimer 20 % des postes en treize ans, en ne remplaçant pas tous les départs en retraite, ce qui ne nous a pas pour autant interdit de créer plusieurs services publics. Désormais nos dépenses de fonctionnement par habitant sont inférieures à celles des autres villes de la région. Nous faisons attention à chaque poste. Chaque service fait l’objet d’une comptabilité analytique. Je me bats sans cesse ! Je gère les finances communales comme dans une entreprise. Je n’ai pas droit à l’erreur : si je dérape, je vais dans le décor car la dette, bien que maîtrisée, ne permet pas d’emprunts importants et les impôts demeurent trop élevés.
Article extrait de www.contribuables.org













