A l'ONU, Sarkozy propose un sommet sur la crise financière

Devant 120 chefs d'Etat et de gouvernement, le président français a proposé une réunion avant la fin de l'année pour "réfléchir ensemble aux leçons à tirer" de la "plus grave" crise financière depuis les années 1930. Juste avant, George W. Bush a annoncé une action américaine rapide pour juguler la crise.

sarkozy_onu_bush_iran_syrie_georgie_russie_Zardari_Perino_jintao_Talabani_abbas_KarzaïNicolas Sarkozy a invité, mardi 23 septembre, les dirigeants des pays "les plus directement concernés" à se réunir avant la fin de l'année pour tirer "leçons (...) de la crise financière la plus grave qu'ait connue le monde depuis celle des années 30". Le président de la République s'exprimait devant 120 chefs d'Etat et de gouvernement, lors de la 63e Assemblée générale de l'ONU, à New York.

Avant la fin de l'année

"Ma conviction, c'est que le devoir des chefs d'Etat et de gouvernement des pays les plus directement concernés est de se réunir avant la fin de l'année pour réfléchir ensemble aux leçons à tirer de la crise financière qui est la plus grave qu'ait connue le monde depuis celle des années 30", a déclaré Nicolas Sarkozy.
Le président français, qui s'exprimait au nom des 27 Etats-membres européens en tant que président du Conseil européen, n'a pas précisé à qui s'adressait son invitation ni quel pourrait être le format de cette réunion internationale. Surtout, il n'a avancé aucune proposition immédiate pour résorber la crise financière qui s'est emballée depuis la semaine dernière.


Gestion collective des crises

Il a demandé aux dirigeants de "gérer collectivement les crises les plus aiguës, que nul, pas même les plus puissants d'entre nous, ne peut résoudre seul". "Pour moraliser le capitalisme financier, nous ne pouvons pas attendre", a-t-il avancé.
Le président français a plaidé pour la reconstruction d'un "capitalisme régulé", dans lequel les banques renoncent à la spéculation, régi par des règles prudentielles permettant "d'amortir les chocs au lieu de les aggraver". Il a aussi renouvelé son souhait que "ceux qui mettent en danger l'argent des épargnants soient sanctionnés et assument enfin leurs responsabilités".

Action rapide des Etats-Unis

Juste avant lui, le président américain George W. Bush a fait savoir que les Etats-Unis allaient agir rapidement pour juguler la crise financière. Il s'agissait du dernier discours de George W. Bush devant l'Assemblée générale de l'ONU, au cours duquel il tenté de convaincre le reste du monde qu'il fait le maximum pour éviter la propagation le crise financière américaine.
Outre ce sujet, le président américain s'en est pris à l'Iran et à la Syrie, les accusant de soutenir le terrorisme. Abordant aussi le thème du nucléaire, George W. Bush a appelé à sanctionner l'Iran et la Corée du Nord pour leurs programmes nucléaires controversés.
George W. Bush doit également s'entretenir mardi avec le nouveau président pakistanais Asif Ali Zardari, au moment où les frappes américaines contre les extrémistes réfugiés au Pakistan crispent les relations entre les deux pays. Le président américain va en outre appeler la communauté internationale à soutenir davantage la Géorgie dans le conflit avec la Russie.


700 milliards de dollars

"Ce que le président va faire, c'est mettre à plat notre proposition, et expliquer ce qu'elle a d'audacieuse et de décisive", a indiqué la porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino, à bord de l'avion présidentiel Air Force One en route pour New York.
Ce dispositif prévoit de dépenser jusqu'à 700 milliards de dollars pour reprendre les actifs douteux des banques. Il doit encore être approuvé par le Congrès américain.
Le sauvetage de sociétés privées par un fonds d'investissement alimenté par de l'argent public n'était toutefois pas "le premier réflexe du président", a ajouté Dana Perino.
"Il n'aurait pas pris cette décision pour aider ces entreprises s'il n'avait pas été convaincu par ses conseillers économiques de son équipe qu'elle est indispensable pour protéger à la fois les contribuables américains, l'économie américaine" et du reste du monde, a-t-elle développé.

Entretiens


Elle a expliqué que Bush avait expliqué sa stratégie au président chinois Hu Jintao dimanche lors d'un entretien téléphonique, et que le plan avait été accueilli "très favorablement" par le Groupe des Sept pays les plus industrialisés (G7).
Le président américain, qui doit s'adresser mardi à l'Assemblée à 14h30 GMT (16h30 à Paris), rencontrera également pour la première fois son homologue pakistanais Asif Ali Zardari alors qu'un attentat suicide contre l'hôtel Marriott d'Islamabad a fait au moins 60 morts et 266 blessés samedi.
"Les terroristes ont encore montré ce week-end pourquoi nous devons nous unir pour les combattre, pourquoi nous devons partager nos informations et pourquoi nous devons travailler ensemble pour protéger les innocents", a dit Dana Perino.
Au cours de son séjour à New York, Bush doit également faire des propositions pour répondre à la hausse des prix des produits alimentaires, rencontrer des dissidents politiques, et co-organiser une réception avec le président irakien Jalal Talabani pour remercier les pays ayant soutenu la guerre en Irak.
Il aura par ailleurs des entretiens avec le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon sur plusieurs sujets dont la réforme de l'ONU, la Géorgie, l'Afghanistan, le Soudan, la Birmanie, et le Zimbabwe, selon la Maison Blanche.
Mercredi, le président américain s'entretiendra avec des dirigeants du continent américain sur des négociations sur des accords de libre échange. Jeudi, à Washington, il aura des discussions avec le président libanais Michel Sleimane, le président palestinien Mahmoud Abbas, et le Premier ministre indien Manmohan Singh. Vendredi, il rencontrera le président afghan Hamid Karzaï.


Article extrait du NouvelObs

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