Critiques sur la gestion de la RATP

La Cour des comptes épingle sérieusement la gestion de la RATP, en estimant que l'absence de calcul de rentabilité financière de ses investissements ne relève pas d'une approche d'entreprise, dans un rapport révélé par Bakchich Hebdo.

ratp gestion budget gaspillage coutDans ce rapport, délibéré le 7 mai dernier, qui porte sur les exercices 2001-2007 et qui comprend des réponses de la RATP, il est écrit que la régie publique "estime que ses investissements sont déficitaires, mais soutient qu'aucun objectif de rentabilité ne lui serait demandé".
La Cour relève que la délibération de fin d'année du conseil d'administration "autorise systématiquement le président à contracter 'les emprunts nécessaires pour financer les dépenses d'investissements, et les autres besoins du programme d'investissements pour  l'année..., ainsi que les remboursements d'emprunts' sans définir ni le montant des emprunts nécessaires ni le niveau d'endettement".

Le bus trop cher

Les magistrats sont réservés sur les comptes de tous les exercices de 2001 à 2007 et constatent que "les procédures d'achat de la RATP ne sont pas encore conduites avec toute la rigueur nécessaire".
Deux fois, le conseil d'administration a passé outre à l'avis défavorable de la commission des marchés, notamment pour un marché relatif à la rénovation du matériel ferroviaire MS 61 de la ligne A du RER.
Comparant les entreprises de transport urbain, la Cour indique que d'après un indicateur pertinent, la RATP est plus chère de 20% sur le métro et de 24% sur le RER "par rapport à une moyenne hors Paris".
Pour le bus, "Paris est 50% plus chère que Lyon et plus chère encore que les grandes villes européennes".

La rentabilité du tramway surestimée

Sur le plan social, la Cour souligne notamment que "le salaire moyen annuel brut a augmenté de 18,65%, soit une augmentation moyenne de 3,1% par an, niveau sensiblement supérieur à l'inflation en moyenne annuelle sur la période (+1,77%)".
La Cour relève aussi "la surestimation de la rentabilité socio-économique des projets de tramway".
Pour celui des maréchaux (T3), "la vitesse commerciale réelle, limitée à 16,5 km/h" est "très inférieure à l'objectif, inaccessible, de 20 km/h, et peu supérieure à celle qu'assurait le bus PC1 en site propre (14,5 km/h), sans priorité aux feux", indique-t-elle.

source: le NouvelObs

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