Ainsi, l’effort demandé aux contribuables français et européens pour financer la PAC a produit un effet pervers : la disparition de l’agriculture africaine de subsistance, qui laisse les populations indigènes sans défense face à la hausse du prix des denrées alimentaires sur le marché mondial, dopée par l’emballement de la demande chinoise et indienne et la hausse du coût de l’énergie. Le problème est d’autant plus aigu que la part du revenu consacrée à l’alimentation atteint jusqu’à 75% dans les pays pauvres, où se multiplient des émeutes de la faim.
La pénurie alimentaire met aussi les biocarburants sur la sellette : ils accaparent de plus en plus de céréales au détriment de l’alimentation. L’UE les subventionne à hauteur de 90 millions d’euros pour 2 millions d’hectares, soit 45 euros l’hectare. « Accorder d’énormes subventions pour produire les biocarburants est inacceptable moralement et irresponsable, dit Peter Brabeck, le patron du géant agroalimentaire Nestlé. Il estime que si cela continue, « il n’y aura plus rien à manger ».
La Commission européenne semble avoir pris conscience du problème : « Nous allons proposer aux Etats membres de supprimer ces subventions », a annoncé son porte-parole à l’Agriculture, Michael Mann.
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