Entre 3,6 et 7 milliards d'euros pour réduire l'exposition des antennes-relais

Le coût de l'abaissement du seuil d'exposition des antennes-relais pour la téléphonie mobile est estimé par le cabinet d'études Sia Conseil entre 3,6 et 7 milliards d'euros. Au-delà de ces investissements onéreux, une telle réglementation compromettrait, toujours selon le cabinet, l'arrivée d'un quatrième opérateur.

antennes relaisNotamment réclamée par l'association Robin des toits lors du "Grenelle des ondes" qui s'est tenu à Paris en avril dernier, l'investissement lié à l'adaption des antennes-relais pour abaisser les seuils d'exposition aux rayonnements électro-magnétiques serait de 3,6 milliards d'euros si les seuils devaient descendre à 0,6 volt par mètre dans la rue, et de 7 milliards s'il fallait atteindre cette valeur à la sortie de l'antenne. Telles sont les estimations calculées par une étude du cabinet Sia Conseil publiée ce jeudi.

"Le financement passera soit par l'Etat, soit par le couple consommateur-opérateur. Si l'Etat ne le prend pas en charge, c'est le client qui se verra facturer tout ou partie de ce coût", a déclaré à l'Agence France Presse Stéphane Dubreuil, directeur télécoms de Sia Conseil. D'après l'étude, l'investissement pour les opérateurs mobiles se répercuterait sur le consommateur qui verrait alors sa facture téléphonique gonfler de "l'ordre de 9 à 17%".

Ces estimations semblent être totalement surestimées pour l'association Agir pour l'environnement, partenaire du Grenelle des antennes. Pour elle, le seuil de 0,6 volt par mètre ne vise que les locaux habités. Or, l'étude ne fournit aucune estimation de ce scénario. L'Association française des opérateurs mobiles créée par Orange (France Télécom), Bouygues Telecom et SFR rappelle pour sa part que le le chiffre de 0,6 volt par mètre n'est recommandé par aucune autorité sanitaire au monde et n'est appliqué dans aucun pays.

Précisant que son étude visait à exposer les impacts technico-économiques potentiellement induits par le "Grenelle des ondes", le cabinet ajoute en outre que l'abaissement des seuils "exigerait a minima 3 à 7 ans de chantier" avec des risques de difficultés importantes (faisabilité technique, disponibilité des sites, obtention des autorisations, etc.). Selon Sia, il entraînerait par ailleurs une "dégradation nette de la qualité du service rendu" (mails, internet mobile, etc.) dans certaines zones (intérieur des domiciles et bureaux), "la disparition de certains usages en mobilité", affectant ainsi la compétitivité des entreprises, ainsi qu'"un accroissement des zones blanches (non couvertes, NDLR)".

En France, les seuils correspondent aux critères dressés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les valeurs limites d'émission des antennes sont de 41 à 61 volts par mètre selon les fréquences utilisées. Mais d'autres pays européens ont retenu des seuils nettement inférieurs au nom du principe de précaution (6 à 20 V/m en Italie, 6 V/m dans les zones d'habitation bulgares, bientôt 3 V/m à Bruxelles...). De son côté, l'association Robin des toits milite en faveur d'un seuil de 0,6 volt par mètre d'exposition dans plusieurs villes pilotes.

source: la Tribune

1 commentaires sur Entre 3,6 et 7 milliards d'euros pour réduire l'exposition des antennes-relais
  Le 9 octobre 2009 - 17:04 Olivier K a dit :

Pour plus d'informations, l'étude complète est disponible sur le site http://telecom.sia-conseil.com

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