Un spéculateur est une personne qui fait des paris sur l'avenir : que telle devise évoluera dans tel sens , que telle entreprise améliorera ses résultats en investissant dans des activités porteuses d'avenir, que les taux d'intérêt baisseront ou monteront… Tout entrepreneur qui lance un produit ou un service nouveau est aussi un spéculateur. C’est l’espoir de gains futurs qui fait entreprendre. Distinguer l’entrepreneur du spéculateur, c’est risquer de ne rien comprendre à l’économie.
Nos dirigeants ont pris ce risque. Ils l’ont pris sans le savoir. Et ils l’ont pris si naïvement qu’ils ne se sont pas aperçus qu’ils lançaient l’État français dans la spéculation !
Henri Guaino a pourtant déclaré aux Echos, le 27 octobre 2008: « l’État (va devenir) entrepreneur et investisseur …les prises de participation (de l’État) seront temporaires avec pour objectif de réaliser des plus-values …ce fonds ( d’investissement de l’État dans des entreprises) aura des objectifs stratégiques en investissant dans les activités porteuses d’avenir ».
N’est-ce pas exactement ce que fait un spéculateur ?
L’ennui, c’est que ces risques spéculatifs, l’État ne les prendra pas avec l’argent des hommes politiques ou des fonctionnaires. La cagnotte de l’Assemblée nationale et celle du Sénat ne seront pas mises à contribution. Les fonds de pension de capitalisation des fonctionnaires n’investiront pas dans les banques ou les entreprises. C’est avec l’argent des contribuables que des risques seront pris. Qu’on ne nous dise pas que ces placements seront financés par des emprunts, les prêteurs étant supposés prendre les risques : les prêteurs seront remboursés, car l’État donnera sa garantie aux emprunts, et donc si nécessaire lèvera des impôts supplémentaires.
L’ennui, c’est aussi que ces risques seront pris par des incompétents. Michel Camdessus, qui préside la nouvelle Société de participation de l’État, n’a jamais investi dans une banque. De toutes façons, ce n’est pas lui qui prend les décisions, puisque les investissements faits par sa société dans les principales banques françaises ont été annoncés à celles-ci et négociés par la ministre de l’Économie.
L’État n’a presque jamais donné la preuve qu’il était un bon gestionnaire de capitaux. Le seul exemple positif, dont on nous rebat les oreilles, est celui d’Alstom. Mais il n’y a qu’un exemple semblable, alors que l’État a investi dans des centaines d’entreprises. L’exception qui confirme la règle.
L’État banquier, on a vu ce que cela donnait avec le Crédit Lyonnais. L’État gestionnaire d’entreprises, on le voit avec les grèves de la SNCF et de la RATP, leur productivité inférieure à leurs concurrentes, les privilèges de leur personnel.
Ne croyons pas au père Noël. L’État-spéculateur ne fera pas gagner d’argent au contribuable.
Vu sur: www.contribuables.org
Voir également les articles:
Nouvelle niche fiscale spéciale Bolloré
Les incompétents et les corrompus veulent moraliser le capitalisme
Bonus et salaires de banques: l'exemple Calyon Laffineur
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Combien coûte la crise financière ?
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L’ennui, c’est aussi que ces risques seront pris par des incompétents. Michel Camdessus, qui préside la nouvelle Société de participation de l’État, n’a jamais investi dans une banque. De toutes façons, ce n’est pas lui qui prend les décisions, puisque les investissements faits par sa société dans les principales banques françaises ont été annoncés à celles-ci et négociés par la ministre de l’Économie.
L’État n’a presque jamais donné la preuve qu’il était un bon gestionnaire de capitaux. Le seul exemple positif, dont on nous rebat les oreilles, est celui d’Alstom. Mais il n’y a qu’un exemple semblable, alors que l’État a investi dans des centaines d’entreprises. L’exception qui confirme la règle.
L’État banquier, on a vu ce que cela donnait avec le Crédit Lyonnais. L’État gestionnaire d’entreprises, on le voit avec les grèves de la SNCF et de la RATP, leur productivité inférieure à leurs concurrentes, les privilèges de leur personnel.
Ne croyons pas au père Noël. L’État-spéculateur ne fera pas gagner d’argent au contribuable.
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