La facture du Grenelle de l'environnement

Le public dans un premier temps a été assez indifférent, voire favorable au Grenelle : qui ne serait pour l’air pur et les petits oiseaux, pour la beauté de la nature et les eaux non polluées ? Quand on a commencé à passer aux mesures concrètes, l’unanimité s’est rompue : on l’a vu à propos du bonus malus, donc de nouveaux impôts, étendus à de nombreux produits.

grenelle-environnement-cout-budget-credit-credits-contribuable-contribuables-reforme-depense-etat-fillon-mitterrand Une nouvelle étape essentielle a été franchie cette semaine, avec le chiffrage du projet : le coût est estimé à 440 milliards d’euros ! Notons d’ailleurs que Le Figaro-Economie emploie l’expression « investissement », alors que Les Echos parlent de « coût », ce qui est un terme beaucoup plus exact. C’est en tous cas un chiffre officiel, bien sûr estimé sur plusieurs années, une dizaine, le temps de mettre en œuvre toutes les mesures entre 2009 et 2020. A titre de comparaison, rappelons que le budget de l’Etat s’élèvera en dépenses en 2009 à 350 milliards (y compris les prélèvements pour les collectivités locales et l’UE). 440 milliards, même en dix ans, ce n’est donc pas rien !

Un des postes les plus coûteux porte sur la rénovation thermique dans les bâtiments anciens, les logements sociaux et les bâtiments publics (192 milliards, plus 13 milliards pour l’amélioration de l’habitat neuf). Il s’agit en particulier de réduire de 38% les consommations d’énergie du parc de logements. Pour sa part le développement des énergies renouvelables, coûte115 milliards. A-t-on besoin de 115 milliards d’euros, pour ce développement, alors que la hausse des prix des énergies non renouvelables qui s’épuisent, comme le pétrole, devrait spontanément y conduire, et aux moindres coûts ? Le marché et les entrepreneurs sont assez grands pour saisir les opportunités de profit futur qui se présentent.

On notera aussi 97 milliards pour le développement des infrastructures de transports, par exemple 5000 kilomètres de lignes TGV, une rénovation des lignes existantes et 1500 km de transports en commun en site propre. Pourquoi pas, mais à condition de ne pas oublier que ces marchés sont ouverts à la concurrence et que c’est aux entreprise à apprécier s’il y a un marché suffisant. En outre, pour promouvoir le TGV, il nous semblerait beaucoup plus utile et moins coûteux de calmer un peu les syndicats, car 5000 km en plus et en grève, cela ne sert pas à grand-chose.

Passons pour mémoire sur les 23 milliards de protection de la biodiversité et des milieux aquatiques, qui se résument souvent à dépenser des fortunes pour permettre à des hérissons ou à quelques grenouilles de traverser tranquillement sous les autoroutes… sans risquer de se faire écraser, grâce à des « corridors écologiques ».

Bien entendu, tout ne devrait pas être payé par l’Etat seul, donc par le contribuable national, nous dit-on. Certes, mais qui d’autre paiera ? Les collectivités locales, donc à nouveau les contribuables, et finalement les ménages eux-mêmes, qu’on obligera à s’endetter pour réaliser les travaux des économies d’énergie dans les logements. Il est quand même extraordinaire qu’on se soit préoccupé de ces mesures (268 mesures tout de même) il y a un an et qu’il ait fallu un an pour réaliser qu’elles avaient un coût. Certes, on nous explique qu’elles auront aussi beaucoup d’avantages.

Le premier, c’est de provoquer une « formidable relance dont notre économie a tant besoin ». C’est en effet une recette infaillible que d’accroître les dépenses publiques, de faire des grands travaux pour relancer l’économie. C’est ce que proposait déjà Keynes dans les années trente et c’est ce que faisait au même moment Roosevelt avec le New deal et les grands travaux. Or toutes ces politiques, et celles qui ont suivi, comme la relance Mitterrand de 1981, se sont terminées en catastrophe, faisant exploser les déficits publics, qui n’en ont pas besoin, surtout aujourd’hui, provoquant de l’inflation et créant un chômage massif. Le rapport a beau annoncer 535 000 emplois « créés ou maintenus », formule très ambiguë, on n’en sait rien en réalité.

Après les centaines de milliards pour « sauver les banques », ajouter 440 milliards pour « sauver l’environnement », cela fait beaucoup pour « un Etat en faillite », comme aime à le dire François Fillon.

Vu sur: www.contribuables.org

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