Une des plus grandes banques françaises, la Société Générale (SG), pourrait enregistrer entre 5 et 10 milliards d'euros de nouvelles pertes en raison d'investissements hasardeux réalisés par un département de sa filiale de gestion d'actifs (Sgam). Les dirigeants de la Société Générale démentent ces informations.
Un nouveau scandale s’est déroulé à la Société générale, au vu et au su de tous. Jusqu’à présent, personne ne s’en est rendu compte, obnubilé par la perte de 4,9 milliards d’euros due aux opérations de Jérôme Kerviel. Pourtant, en toute discrétion et bien caché dans les annexes de ses comptes, un autre fiasco de quelque 5 milliards d’euros est reconnu par la banque. Un trou qui devrait encore s’agrandir. Même si, jusqu’à aujourd’hui, la banque n’a enregistré «que» 1,2 milliard d’euros de pertes, la facture finale pourrait atteindre les 10 milliards.
Cette fois-ci, le responsable de cette perte colossale n’est pas un trader isolé, mais un département tout entier de la filiale de gestion d’actifs de la banque, Société générale Asset Management (Sgam). Qui a été laissé libre de spéculer grâce à une direction soit complice, soit défaillante. Multipliant par le passé les investissements hasardeux dans ce qu’on appelle des «produits structurés», le département comptabilise aujourd’hui les pertes.
"Combien valent aujourd'hui ces actifs ?"
Début 2008, le groupe Société Générale a ainsi racheté à sa filiale SGAM pour 11,2 milliards d'euros d'actifs, qu'il a, d'après ce qu'il a dit à Libération, "progressivement vendus sur le marché" et sur lesquels il a dû inscrire une perte de 1,2 milliard, pour tenir compte de la baisse de leur valeur.
A fin décembre 2008, ce portefeuille d'actifs se montait, selon la banque, à 5,3 milliards d'euros. "La vraie question, c'est combien valent aujourd'hui ces actifs"?, selon Alain Tchibozo, analyste chez ING.
Libération affirme qu'ils ne valent rien mais l'analyste rappelle deux choses:
- d'une part, comme les autres banques, Société Générale a utilisé en octobre une faculté comptable qui lui a permis de reclasser ces actifs "illiquides" de manière à ne plus être obligé de les comptabiliser à leur juste valeur. Elle ne devrait donc pas enregistrer de nouvelles pertes sur ce portefeuille.
- en outre, d'après Alain Tchibozo, les "bons" résultats de Crédit Suisse au 1er trimestre (un bénéfice de 2 milliards de francs suisses, grâce à sa banque d'investissement) montrent que le "marché s'est repris", que "les acheteurs sont revenus". Cette reprise a-t-elle aussi profité à Société Générale? Réponse le 7 mai, jour de la publication de ses résultats du 1er trimestre.
A la Bourse de Paris, le cours Société Générale perdait 4,63%, à 36,5 euros, dans un marché en baisse de 1,38%.
Affaire Kerviel
En janvier 2008, la banque avait déjà accusé une perte de trading de 4,9 milliards d'euros, la plus importante de l'histoire de la finance mondiale, en raison de positions prises sur les marchés financiers et imputées au trader Jérôme Kerviel.
La Société Générale a par ailleurs décidé en janvier dernier de fusionner une perte de ses activités de gestion d'actifs avec celles du Crédit agricole au sein d'une entreprise commune détenue à 30% par la Socgen et 70% par la Banque verte.
Sa filiale de gestion alternative SGAM Alternative Investments est exclue du périmètre de ce rapprochement. Elle doit être fusionnée avec Lyxor, une autre filiale de gestion alternative de Société Générale rattachée à la banque de financement et d'investissement.
Un plan social ?
De source syndicale, on indiquait lundi qu'un plan social concernant moins de 200 suppressions de postes à SGAM devrait être annoncé en septembre, mais sans départs contraints. Pour les "moins de 200 salariés" en sureffectifs, des reclassements et des aides à des départs volontaires sont prévus, selon la CGT.
Libération affirme pour sa part que la filiale "va être démantelée et une partie vendue au Crédit agricole", ce qui fait que "plusieurs centaines de personnes pourraient être licenciées lors d'un plan social qui sera lancé d'ici quelques mois".
Source: Libération et le NouvelObs
Un nouveau scandale s’est déroulé à la Société générale, au vu et au su de tous. Jusqu’à présent, personne ne s’en est rendu compte, obnubilé par la perte de 4,9 milliards d’euros due aux opérations de Jérôme Kerviel. Pourtant, en toute discrétion et bien caché dans les annexes de ses comptes, un autre fiasco de quelque 5 milliards d’euros est reconnu par la banque. Un trou qui devrait encore s’agrandir. Même si, jusqu’à aujourd’hui, la banque n’a enregistré «que» 1,2 milliard d’euros de pertes, la facture finale pourrait atteindre les 10 milliards.Cette fois-ci, le responsable de cette perte colossale n’est pas un trader isolé, mais un département tout entier de la filiale de gestion d’actifs de la banque, Société générale Asset Management (Sgam). Qui a été laissé libre de spéculer grâce à une direction soit complice, soit défaillante. Multipliant par le passé les investissements hasardeux dans ce qu’on appelle des «produits structurés», le département comptabilise aujourd’hui les pertes.
"Combien valent aujourd'hui ces actifs ?"
Début 2008, le groupe Société Générale a ainsi racheté à sa filiale SGAM pour 11,2 milliards d'euros d'actifs, qu'il a, d'après ce qu'il a dit à Libération, "progressivement vendus sur le marché" et sur lesquels il a dû inscrire une perte de 1,2 milliard, pour tenir compte de la baisse de leur valeur.
A fin décembre 2008, ce portefeuille d'actifs se montait, selon la banque, à 5,3 milliards d'euros. "La vraie question, c'est combien valent aujourd'hui ces actifs"?, selon Alain Tchibozo, analyste chez ING.
Libération affirme qu'ils ne valent rien mais l'analyste rappelle deux choses:
- d'une part, comme les autres banques, Société Générale a utilisé en octobre une faculté comptable qui lui a permis de reclasser ces actifs "illiquides" de manière à ne plus être obligé de les comptabiliser à leur juste valeur. Elle ne devrait donc pas enregistrer de nouvelles pertes sur ce portefeuille.
- en outre, d'après Alain Tchibozo, les "bons" résultats de Crédit Suisse au 1er trimestre (un bénéfice de 2 milliards de francs suisses, grâce à sa banque d'investissement) montrent que le "marché s'est repris", que "les acheteurs sont revenus". Cette reprise a-t-elle aussi profité à Société Générale? Réponse le 7 mai, jour de la publication de ses résultats du 1er trimestre.
A la Bourse de Paris, le cours Société Générale perdait 4,63%, à 36,5 euros, dans un marché en baisse de 1,38%.
Affaire Kerviel
En janvier 2008, la banque avait déjà accusé une perte de trading de 4,9 milliards d'euros, la plus importante de l'histoire de la finance mondiale, en raison de positions prises sur les marchés financiers et imputées au trader Jérôme Kerviel.
La Société Générale a par ailleurs décidé en janvier dernier de fusionner une perte de ses activités de gestion d'actifs avec celles du Crédit agricole au sein d'une entreprise commune détenue à 30% par la Socgen et 70% par la Banque verte.
Sa filiale de gestion alternative SGAM Alternative Investments est exclue du périmètre de ce rapprochement. Elle doit être fusionnée avec Lyxor, une autre filiale de gestion alternative de Société Générale rattachée à la banque de financement et d'investissement.
Un plan social ?
De source syndicale, on indiquait lundi qu'un plan social concernant moins de 200 suppressions de postes à SGAM devrait être annoncé en septembre, mais sans départs contraints. Pour les "moins de 200 salariés" en sureffectifs, des reclassements et des aides à des départs volontaires sont prévus, selon la CGT.
Libération affirme pour sa part que la filiale "va être démantelée et une partie vendue au Crédit agricole", ce qui fait que "plusieurs centaines de personnes pourraient être licenciées lors d'un plan social qui sera lancé d'ici quelques mois".
Source: Libération et le NouvelObs





