Le compte à rebours est lancé. Le projet de loi sur le RSA (revenu de solidarité active) était présenté hier au Conseil des ministres, première étape avant l’Assemblée nationale, qui en débattra dès le 22 ou 23 septembre.
Le gouvernement a deux bonnes raisons d’aller vite sur ce dossier. Pour que le RSA puisse s’appliquer en juillet 2009, il faut que la loi soit votée avant la fin de l’année. Six mois ne seront pas de trop pour mettre en place une mesure qui va se substituer notamment au RMI (revenu minimum d’insertion). Mais aller vite peut aussi permettre à François Fillon d’éviter que la grogne ne s’amplifie dans les rangs de la majorité, où la mesure concoctée par le Haut-commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch, continue à faire grincer des dents.
Efficacité.
Outre la question du financement (lire ci-dessous), l’efficacité même du dispositif commence à faire l’objet de critiques. Ainsi l’économiste Thomas Piketty, dans sa chronique des pages Rebonds de Libération, trouve «techniquement absurde» que le RSA soit géré par les caisses d’allocations familiales, et la PPE (prime pour l’emploi) par l’administration fiscale. Cela rendra difficile le passage d’un dispositif à l’autre, et brouillera toute comparaison.
Thomas Piketty met aussi en cause les expérimentations dans les départements, dont il estime qu’elles n’ont «pour l’instant trouvé aucun effet statistiquement significatif». «Ce n’est pas tout à fait exact», nuance François Bourguignon, autre économiste et président du comité d’évaluation du RSA : «nous n’avons pas encore assez de recul pour être certains que le dispositif améliore le taux de retour à l’emploi. Mais les premiers résultats vont dans le même sens et sont nettement positifs».
Autre reproche fait à la réforme de Martin Hirsch : en rendant le temps partiel plus attractif, le RSA va encourager la précarité. Auteure de «La machine à exclure. Les faux-semblants du retour à l’emploi», la sociologue Noëlle Burgi (CNRS), craint qu’il «institutionnalise un second marché du travail basé sur le précariat» et qu’il «stigmatise les mauvais pauvres, tous ceux qui ne trouveront pas de travail en raison de problèmes de transport ou de garde d’enfant». Une récente étude de la Dares (ministère du Travail) montre que bien souvent, l’incitation financière ne suffit pas à lever ces obstacles.
Objectif.
«Quoiqu’on dise, un dispositif qui distribue 1,5 milliard d’euros a forcément un effet sur la pauvreté», rétorque-t-on à Matignon. L’objectif du RSA est de permettre à 100 000 rmistes de trouver un emploi sans les dix-huit premiers mois, et à terme à 1,5 million de personnes de passer au-dessus du seuil de pauvreté.
Article extrait de Libération
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Le gouvernement a deux bonnes raisons d’aller vite sur ce dossier. Pour que le RSA puisse s’appliquer en juillet 2009, il faut que la loi soit votée avant la fin de l’année. Six mois ne seront pas de trop pour mettre en place une mesure qui va se substituer notamment au RMI (revenu minimum d’insertion). Mais aller vite peut aussi permettre à François Fillon d’éviter que la grogne ne s’amplifie dans les rangs de la majorité, où la mesure concoctée par le Haut-commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch, continue à faire grincer des dents.
Efficacité.
Outre la question du financement (lire ci-dessous), l’efficacité même du dispositif commence à faire l’objet de critiques. Ainsi l’économiste Thomas Piketty, dans sa chronique des pages Rebonds de Libération, trouve «techniquement absurde» que le RSA soit géré par les caisses d’allocations familiales, et la PPE (prime pour l’emploi) par l’administration fiscale. Cela rendra difficile le passage d’un dispositif à l’autre, et brouillera toute comparaison.
Thomas Piketty met aussi en cause les expérimentations dans les départements, dont il estime qu’elles n’ont «pour l’instant trouvé aucun effet statistiquement significatif». «Ce n’est pas tout à fait exact», nuance François Bourguignon, autre économiste et président du comité d’évaluation du RSA : «nous n’avons pas encore assez de recul pour être certains que le dispositif améliore le taux de retour à l’emploi. Mais les premiers résultats vont dans le même sens et sont nettement positifs».
Autre reproche fait à la réforme de Martin Hirsch : en rendant le temps partiel plus attractif, le RSA va encourager la précarité. Auteure de «La machine à exclure. Les faux-semblants du retour à l’emploi», la sociologue Noëlle Burgi (CNRS), craint qu’il «institutionnalise un second marché du travail basé sur le précariat» et qu’il «stigmatise les mauvais pauvres, tous ceux qui ne trouveront pas de travail en raison de problèmes de transport ou de garde d’enfant». Une récente étude de la Dares (ministère du Travail) montre que bien souvent, l’incitation financière ne suffit pas à lever ces obstacles.
Objectif.
«Quoiqu’on dise, un dispositif qui distribue 1,5 milliard d’euros a forcément un effet sur la pauvreté», rétorque-t-on à Matignon. L’objectif du RSA est de permettre à 100 000 rmistes de trouver un emploi sans les dix-huit premiers mois, et à terme à 1,5 million de personnes de passer au-dessus du seuil de pauvreté.
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