Depuis plusieurs années la SNCF annonce un profit, avec pour résultat immédiat que les syndicats revendiquent leur part…et l’obtiennent. Or le Chemin de fer en France coûte plus de douze milliards par an au contribuable, soit autant chaque année que la faillite du Crédit Lyonnais et les plus grands responsables de ces pertes abyssales sont précisément les syndicats, qui s’opposent à tout progrès de productivité au moyen de grèves, accroissant ainsi encore plus les pertes de la nation.
Mais le plus grave, c’est que l’État trompe délibérément le public en transformant en profit cette perte abyssale par des artifices comptables qui enverraient en prison les dirigeants d’entreprise privée. Le plus stupéfiant, c’est que pas un journaliste ne relève cette escroquerie au moment où la SNCF publie ses comptes.
Les quelques lignes qui suivent vous permettront de comprendre les comptes réels du chemin de fer. Ce sont ces quelques lignes que la SNCF devrait faire parvenir chaque année à la presse si elle était honnête, ou à défaut que des journalistes dignes de ce nom devraient utiliser pour décoder les annonces de la SNCF.
En 2006, le Chemin de fer français a dépensé 21,4 milliards d’euros et ses recettes réelles (essentiellement les sommes en provenance des voyageurs et du fret) ont totalisé 9,2 milliards. La différence, soit 12,2 milliards, provient donc des contribuables et cette somme ne fait qu’augmenter chaque année.
Mais la SNCF n’est plus stricto sensu le Chemin de Fer français. En 1997, le chemin de fer a été divisé en deux sociétés distinctes : la SNCF, et le Réseau Ferré de France (RFF). La propriété et la gestion des voies a été transférée à RFF afin de permettre l’utilisation du réseau par d’autres sociétés. Pour faire avaler la pilule aux syndicats, l’État a transféré 20,5 milliards de dettes de la SNCF à RFF. Mais la pilule restant encore trop amère pour les syndicats, notre courageux pouvoir politique a maintenu à la SNCF tout le personnel de gestion et d’entretien des voies! Ainsi RFF rémunère la SNCF pour la gestion et l’entretien des voies et lui facture l’utilisation des mêmes voies, rendant ainsi à peu près impossible tout progrès de productivité. Jamais un groupe privé n’aurait mis en œuvre une solution pareille, superbe exemple de ce qui advient lorsque les politiques veulent intervenir dans l’économie.
L’État a procédé à un autre allégement des pertes de la SNCF en prenant en charge une partie supplémentaire de sa dette par la création d’un “Service annexe d’amortissement de la dette de la SNCF” (SAAD), qui a repris 5,8 milliards d’euros en 1991, 4,3 milliards en 1997 et 0,6 milliards en 1999!
Qu’est-ce qu’il résulte de ces allègements pour les comptes de la nouvelle société SNCF ? Les recettes proprement dites (hors redevance de RFF) sont toujours de 9,2 milliards, mais les dépenses d’exploitation (hors frais financiers et redevance à RFF) sont encore de 14 milliards ! Alors comment la SNCF peut-elle afficher des profits ? En intégrant dans le chiffre d’affaire les subventions que lui versent l’État et les Régions afin de couvrir son déficit ! C’est très simple mais scandaleux du point de vue comptable.
L’auteur de cet article aime beaucoup les trains et les gares. Il rend volontiers hommage à l’amélioration constante de leurs performances et de leur confort. Chaque fois qu’il a le choix entre le train et la voiture, il prend le train…tout au moins lorsqu’il n’en est pas empêché par une grève nationale ou locale, ce qui lui arrive plusieurs fois par an. Mais cela lui donne l’occasion d’observer la faible productivité de l’organisation à de nombreux niveaux. Il n’est donc pas étonné que le chemin de fer coûte aussi cher au contribuable. Il s’étonne seulement que les pouvoirs publics et la direction préfèrent dissimuler ces coûts au public plutôt que de puiser auprès de lui le courage d’affronter les syndicats pour imposer des améliorations.
Vu sur: www.contribuables.org
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6 Comments sur “Les profits de la SNCF : une mystification ahurissante.”
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Ou sont les sources de ces chiffres ? Un rapport d’activité ? Non, rien, il n’y a aucune source, il est donc difficile d’apporter credit a ces informations.
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De toutes les manières, une comptabilité, on lui fait dire ce que l’on veut; mais pour ma part, la SNCF doit être forcément très endettée.
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Pourquoi parler de l’Angleterre ? Il faut cesser de se comparer au tiers monde ! La France a une grande tradition ferroviaire et il ne faudrait pas la perdre . Le n’est pas de regarder les comptes mais avant toute chose de savoir si l’on gère la SNCF comme une société ou comme un service public. Dans le premier cas, le but est de faire des bénéfices et d’enrichir les actionnaires; dans le second cas, le but est de rendre service a la Société Française. Tant que cette question n’aura pas été tranchée, on pourra se battre avec des arguments valables pour chaque opinion.
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Pourquoi rejeter la faute du manque de productivité de la SNCF/RFF sur les syndicats ?
C’est bien la droite qui a privatisé la SNCF? Ils veulent maintenant un retour sur leur investissement et c’est le contribuable qui paie…
Et c’est de la faute des syndicats ? Non c’est une blague !!! -
ce que j’aime bien avec ce genre d’article, c’est qu’on y voit des chiffres avec des explications dans l’unique but de prouver que la SNCF est un gouffre financier. Or il ne faut pas oublier que la séparation de RFF et de la SNCF a plusieurs objectifs. Le premier est de préparer le terrain a la privatisation du fret, le deuxième est de clairement séparer ce qui est d’utilité publique de ce qui est du ressort privé. JE m’explique, je ne vois pas pourquoi la SNCF devrait payer pour une ligne TGV qui fait partie d’une politique d’aménagement du territoire. C’est comme si vous demandiez a Renault Trucks de construire de nouvelles autoroutes pour des camions ultra rapides. Cela est exactement pareil pour les régions. Ces dernières font le choix de subventionner le train dans une logique d’aménagement du territoire alors arrêtez SVP de faire des raccourcis ultra simplistes.
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Ma foi j’aimerai savoir si l’auteur préfere prendre le train ….. en Angleterre par exemple ?? Il serait certainement tres satisfait du rendement economique de cette societe ainsi que du service…. minable! Ha c’est sur il ne serait pas embete par des greves quelques fois dans l’annee mais plutot par les trains en retard en tout les jours! Et encore quand ils arrivent….
Je prefere payer une qualite de service avec mes impots que d’avoir des transports pourris.