Joyeuse ambiance au palais du Luxembourg: les sénateurs, qui doivent entamer, ce mercredi 12 novembre, l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009 vont faire comme s'ils débarquaient de la planète Mars et comme si rien ne s'était passé depuis deux mois.
Voté, la semaine dernière, en première lecture par l'assemblée, le texte gouvernemental reprend en effet les prévisions économiques retenues au début de l'été. Pas un virgule n'a été changée depuis la mi-septembre et le déclenchement de la crise financière.
Le ministre du budget, Eric Woerth, n'a pas pris la peine de revoir sa copie à l'intention des députés et encore moins des sénateurs. Les oracles du gouvernement avaient tablé, en juin, sur une croissance de la masse salariale de 3,5% en 2009, ce qui implique, au minimum, un taux de croissance de l'économie de 2,5%.
Or, l' OCDE affirme que les performances seront nettement moins élevées, et même qu'une récession de 0,5% n'est pas à exclure.
Avis de tempête
Même Christine Lagarde , qui jusqu'à présent, affichait un optimisme béat, a admis tardivement que la croissance française pourrait plafonner entre 0,2 et 0,5%.
Du coup, les experts qui alimentent, en principe, les cogitations du gouvernement prévoient non plus une augmentation de 3,5%, mais une réduction de 2,5% de la masse salariale. Soit entre 5 et 7 milliards en moins dans les caisses de la Sécu.
Ce n'est pas tout. Woerth avait annoncé pour plus de 2 milliards d'économies par l'effet d'une fumeuse "maîtrise médicalisée des dépenses". Mais personne, à Bercy, n'a la moindre idée de ce que cache cette formule magique. Autre petite négligence: le ministre a oublié qu'il lui faudra intégrer dans les comptes de l'exercice 2009 les 750 millions de déficit des hôpitaux accumulés cette année et autant qui sont prévus l'an prochain. Au total, les comptables de la Sécu tablent sur un trou record d'une grosse quinzaine de milliards d'euros.
Mais, depuis la crise boursière, de tels chiffres n'impressionnent vraiment plus personne.
Article extrait du Canard enchainé
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