Sarkozy vient de décider que l’ Elysée contrôlerait désormais l’usage de plus de 20 millions d’euros de deniers publics. Ni vu ni connu.
Grâce à un habile tour de passe-passe budgétaire- que le Sénat doit encore avaliser- l’Elysée a raflé ce petit magot aux ministère de l’Intérieur et au Budget. A Beauvau, les conseillers de Michèle Alliot-Marie dénoncent discrètement "le fait du price". A Bercy, ceux d’Eric Woerth évoquent, suffoqués, "un changement de régime".
Concrètement, chaque année, l’Etat laisse les députés et sénateurs disposer librement et légalement d’un pactole de 120 millions d’euros. Cette manne – dite "réserve parlementaire"- sert à financer, sur justificatif, des opérations de voirie, de rénovation, d’aménagement, etc., dans leurs fiefs.
Faire savoir dans la presse locale que Mme la députée ou M. le sénateur a obtenu, grâce à son entregent, quelques centaines de milliers d’euros pour refaire le toit de l’église ou la place de la mairie est du meilleur effet. Certains initiés arrivent ainsi à palper près de 4 millions d’euros de crédits pour leur circonscription. Les néophytes et les naïfs, rien. Généralement, ces derniers apprennent vite…
Avant que l’Elysée décide de se servir dans la caisse, cette "réserve parlementaire" était divisée en quatre parts inégales. Les patrons des commissions des Finances de l’Assemblée et du Sénat disposaient, à eux deux, de la plus grosse somme: autour de 90 millions d’euros. Leurs présidents et rapporteurs examinaient les demandes de leurs chers collègues et distribuaient la fraîche selon des critères tenus secrets. En fait à la tête du client, selon son étiquette, et sans oublier les copains et les copains des copains… "Pour ne pas foutre le feu dans sa majorité" et au nom de la séparation des pouvoirs, Sarkozy ne touchera pas à ce pognon.
En revanche, la Présidence – choix régalien- a décidé de récupérer un peu plus de la gestion directe des 20 millions jusqu’ici dévolus aux ministres de l’Intérieur et du Budget. Désormais, l’octroi de ces libéralités sera décidé directement par l’Elysée et la lettre sera signée "Nicolas Sarkozy, président de la République". Beauvau et Bercy ont été avertis par missive le 15 octobre, avec "effet immédiat". Woerth est le moins à plaindre: il conserve un "reliquat" de 4 millions d’euros pour ses bonnes oeuvres. MAM, elle, n’a plus que ses yeux pour pleurer.
Certains font déjà la gueule. Par "tradition" (que personne ne peut ni dater ni expliquer), les anciens ministres du Budget avaient le droit, eux aussi, chaque année de distribuer leur part du gâteau. Celle-ci variait d’une centaine de milliers à 1,5 million d’euros. Les Charasse, Migaud ( à gauche), et autres Lambert et Gaymard ( à droite) n’auront désormais plus droit à rien. Même pas une petite bûche de Noël?
Article extrait du Canard enchainé
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1 Comment sur “Sarkozy pique dans la réserve parlementaire”
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Les tours de passe-passe de yzokras sont déja tellement connus que plus personne n’est étonné ! Il a quand même besoin de beaucoup d’argent pour satisfaire sa Carlita. C’est pas grave, c’est nous qu’on paie, mais qu’il fasse bien attention, on risque de lui faire payer encore plus cher.