Le futur airbus présidentiel A330 de Sarkozy, baptisé "Air Sarko One", vient d'effectuer discrètement ses 1ères minutes de vol. Sarkozy cherche à faire passer ce coûteux caprice pour une sage économie.
Le 28 juin dernier, Sarkozy a adressé à François Fillon une bafouille de 3 pages. "J'ai décidé que le train de vie de l'Etat serait vigoureusement réduit", écrit-il. Pour ce faire, il souhaite que, "lors de la livraison de l'avion long-courrier qui a été commandé pour la flotte gouvernementale, 2 moyens courriers soient cédés". Royal !
Sauf que désormais, pour remplacer ces avions, il faudra en louer à des sociétés privées. "Une hérésie, d'un point de vue budgétaire, doublée d'une privatisation des avions de la République", tonne un membre du gouvernement, et non des moindres.
Les appareils en question sont 2 A319-CJ achetés au temps de la cohabitation. Selon un comptable du ministère de la Défense, ces deux avions, baptisés "Chirac" et "Jospin", "ne valent plus grand chose aujourd'hui, 20 millions d'euros tout au plus, sur le marché de l'occasion". Rien ou presque en comparaison des 176 millions investis dans l'acquisition et l'aménagement du Air Sarko One.
L'Airbus présidentiel n'est pourtant pas de première main. Avant d'arborer la cocarde tricolore sur son fuselage, il a volé sous pavillon suisse, puis pour une compagnie caribéenne. Entièrement désossé, il a été réaménagé et décoré aux frais du ministère de la Défense, dans les locaux d'Airbus, à Toulouse, par la société Sabena Technics.
Cigares à bord
Dans sa version VIP, le Air Sarko One compte désormais une soixantaine de fauteuils de type classe affaires, contre 324 en version bétaillère. Sarko disposera d'une chambre et d'une salle de bains. Sarkozy voulait absolument une baignoire. Et il n'a pas été facile de lui faire admettre qu'en cas de turbulences, une trop grande quantité d'eau risquait de se répandre dans l'appareil. Mais comme Sarkozy ne voulait pas d'une banale douche, il a fallu installer une baignoire sabot. Autre pomme de discorde: la possibilité pour Sarkozy de fumer à bord. Et donc l'obligation de repenser entièrement le système de capteurs de fumée.
Les ministres n'auront pas le droit d'utiliser ce beau jouet. Sauf en cas d'urgence, et avec l'accord de l'Elysée. "Mais le président reste, bien entendu, prioritaire", précise un conseiller du Château. Or, comme Sarko a la bougeotte, il est très souvent "prioritaire".
Pourtant, le 13 octobre 2009, interrogé par la commission des Finances, Christian Frémont, directeur de cabinet du Président et comptable élyséen, précisait, sans rire, au sujet du renouvellement de la flotte gouvernementale: " 2 Airbus sont mis à la disposition des ministres qui en font la demande. Ce sera le cas du prochain avion." Promesse en l'air ...
Air Carla One
En réalité, pour les autres ministres - la piétaille -, 4 Falcon 2000 et deux 7X doivent remplacer les Falcon 50 et 900, harassés par 20 ans de vol au service de la République. Il y a un an, Dassault a livré le premier jet 7X. Le jet préféré de la jet-set ... Un coucou à 50 millions d'euros pièce. Toujours facétieux, les aviateurs de l'Etec l'ont baptisé Air Carla One. Car, jusqu'à présent, aucun ministre n'a encore eu le droit de l'utiliser.
L'un d'eux s'en plaint même au canard enchainé :"il va falloir voyager sur Air France". Horreur ! Il y aurait bien les deux A340, au long rayon d'action, dévolus au transport aérien militaire vers l'Afghanistan ou l'outre-Mer. "Il faudrait aménager l'habitacle à chaque voyage", explique le ministère de la Défense, et le coût serait considérable". Un autre ministre regrette le bon vieux temps où il faisait profiter de ses déplacements " des invités, patrons et journalistes": "c'était simple, rapide et discret. Désormais, je ne sais pas comment faire."
Démissionner, peut-être. Ou attendre tranquillement au sol le remaniement d'octobre...
source: canard enchainé
Le 28 juin dernier, Sarkozy a adressé à François Fillon une bafouille de 3 pages. "J'ai décidé que le train de vie de l'Etat serait vigoureusement réduit", écrit-il. Pour ce faire, il souhaite que, "lors de la livraison de l'avion long-courrier qui a été commandé pour la flotte gouvernementale, 2 moyens courriers soient cédés". Royal !Sauf que désormais, pour remplacer ces avions, il faudra en louer à des sociétés privées. "Une hérésie, d'un point de vue budgétaire, doublée d'une privatisation des avions de la République", tonne un membre du gouvernement, et non des moindres.
Les appareils en question sont 2 A319-CJ achetés au temps de la cohabitation. Selon un comptable du ministère de la Défense, ces deux avions, baptisés "Chirac" et "Jospin", "ne valent plus grand chose aujourd'hui, 20 millions d'euros tout au plus, sur le marché de l'occasion". Rien ou presque en comparaison des 176 millions investis dans l'acquisition et l'aménagement du Air Sarko One.
L'Airbus présidentiel n'est pourtant pas de première main. Avant d'arborer la cocarde tricolore sur son fuselage, il a volé sous pavillon suisse, puis pour une compagnie caribéenne. Entièrement désossé, il a été réaménagé et décoré aux frais du ministère de la Défense, dans les locaux d'Airbus, à Toulouse, par la société Sabena Technics.
Cigares à bord
Dans sa version VIP, le Air Sarko One compte désormais une soixantaine de fauteuils de type classe affaires, contre 324 en version bétaillère. Sarko disposera d'une chambre et d'une salle de bains. Sarkozy voulait absolument une baignoire. Et il n'a pas été facile de lui faire admettre qu'en cas de turbulences, une trop grande quantité d'eau risquait de se répandre dans l'appareil. Mais comme Sarkozy ne voulait pas d'une banale douche, il a fallu installer une baignoire sabot. Autre pomme de discorde: la possibilité pour Sarkozy de fumer à bord. Et donc l'obligation de repenser entièrement le système de capteurs de fumée.
Les ministres n'auront pas le droit d'utiliser ce beau jouet. Sauf en cas d'urgence, et avec l'accord de l'Elysée. "Mais le président reste, bien entendu, prioritaire", précise un conseiller du Château. Or, comme Sarko a la bougeotte, il est très souvent "prioritaire".
Pourtant, le 13 octobre 2009, interrogé par la commission des Finances, Christian Frémont, directeur de cabinet du Président et comptable élyséen, précisait, sans rire, au sujet du renouvellement de la flotte gouvernementale: " 2 Airbus sont mis à la disposition des ministres qui en font la demande. Ce sera le cas du prochain avion." Promesse en l'air ...
Air Carla One
En réalité, pour les autres ministres - la piétaille -, 4 Falcon 2000 et deux 7X doivent remplacer les Falcon 50 et 900, harassés par 20 ans de vol au service de la République. Il y a un an, Dassault a livré le premier jet 7X. Le jet préféré de la jet-set ... Un coucou à 50 millions d'euros pièce. Toujours facétieux, les aviateurs de l'Etec l'ont baptisé Air Carla One. Car, jusqu'à présent, aucun ministre n'a encore eu le droit de l'utiliser.
L'un d'eux s'en plaint même au canard enchainé :"il va falloir voyager sur Air France". Horreur ! Il y aurait bien les deux A340, au long rayon d'action, dévolus au transport aérien militaire vers l'Afghanistan ou l'outre-Mer. "Il faudrait aménager l'habitacle à chaque voyage", explique le ministère de la Défense, et le coût serait considérable". Un autre ministre regrette le bon vieux temps où il faisait profiter de ses déplacements " des invités, patrons et journalistes": "c'était simple, rapide et discret. Désormais, je ne sais pas comment faire."
Démissionner, peut-être. Ou attendre tranquillement au sol le remaniement d'octobre...
source: canard enchainé





