Une nouvelle sorte de dépense publique : l'emprunt forcé

Les dirigeants des meilleures banques anglaises, HSBC et Barclays, comme ceux des meilleures banques françaises, BNP Paribas et Société Générale, ont déclaré qu'ils n'avaient pas besoin d'être renfloués par les crédits publics dispensés par les plans gouvernementaux de sauvetage des banques et qu'ils n'en demanderaient pas.

gordon_brown_hsbc_barclays_bnp_paribas_societe_generale_harper_crise_banque_epargne_financeGordon Brown a donné satisfaction à ces deux banques : il ne leur impose pas de prendre des crédits dont elles ne veulent pas. Il se contente de proposer aux autres, si elles n’arrivent pas à trouver en Bourse l’argent dont elles ont besoin, de compléter par de l’argent public les fonds qu’elles auront obtenu sur le marché.

Le gouvernement français a agi de façon très différente : il a imposé à toutes les banques de prendre ses crédits, même si elles n’en voulaient pas. La Banque de France a beau publier que « tous les groupes bancaires concernés présentent actuellement un niveau de fonds propres tout à fait satisfaisant ».  La BNP Paribas et la Société Générale, qui n’en voulaient pas,  devront absorber 4,25 Mds € de prêts publics à taux élevés.



Les arguments du gouvernement sont les suivants :

  • Il ne faut pas montrer qu’il y a deux sortes de banques, celles qui ont besoin de l’aide de l’État, et celles qui n’en ont pas besoin. Ce serait nuire au crédit des premières. Autrement dit : ne disons pas au public la vérité sur la situation des banques. Cet argument parait un peu dépassé, à l’heure où tous les gouvernements déclarent qu’une des causes de la crise financière actuelle a été l’insuffisante transparence des comptes des banques, et qu’il convient d’y remédier.
  • Le gouvernement, ayant mis un pied dans les banques, pourra vérifier qu’elles utilisent l’argent public pour les besoins de l’économie. C’est ainsi que les préfets vont tenir des réunions mensuelles avec les directeurs régionaux des grandes banques, pour vérifier que les crédits aux PME croissent bien dans leur département de 3 % par an. Eric Woerth a déclaré que les PME n’avaient pas besoin de délais supplémentaires pour payer leurs cotisations-chômage, ni de crédits supplémentaires. En effet la progression des crédits bancaires aux entreprises était à fin août de 8 % par rapport à 2007. Cette déclaration n’a pas été prise en compte. La  réalité sera donc la suivante : un préfet, saisi par un patron de PME mécontent de s’être vu refuser un crédit, dira au directeur de la banque qu’il doit faire crédit à cette PME, même si elle ne le mérite pas, car c’est l’État qui le demande. La décision sera donc prise par l’État, et le risque par le banquier. Le favoritisme et le copinage marcheront à fond. L’irresponsabilité s’installera.

Cette politique est une application directe de la réaction de la classe politique française à la crise financière : puisque le capitalisme en est responsable, redonnons le maximum de pouvoirs à l’État et à ses hommes.

Personne ne se demande si les politiques n’ont pas laissé créer trop d’argent, si les superviseurs qu’ils ont nommés pour contrôler les banques ont sérieusement fait leur métier, s’il n’y a pas eu trop de pressions politiques pour que des crédits « subprime » soient accordés à des emprunteurs qui n’auraient pas dû en bénéficier.
La politique est pourtant la cause, et non la solution, de la crise actuelle.
Moins l’Etat interviendra, et plus vite la crise sera résolue.

Le travailliste Gordon Brown l’a compris. Le Premier ministre du Canada, Stephen Harper, l’a aussi compris : il a déclaré que la meilleure solution pour que son pays sorte de la crise sera de baisser les taxes et les dépenses publiques, en gardant un budget en excédent.

Certains comprennent ce que d’autres ne veulent pas comprendre.


Vu sur: www.contribuables.org


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